samedi 16 février 2008

UN LONG MOMENT DE DETENTE (Roman Minute)

Le jour de leur rencontre, Martha et Graham s’étaient tombés dans les bras. Ils n’étaient pas les premiers mais en furent plus éprouvés que d’autres. Le soir même, le couple naissant se jura de faire l’impossible pour conserver intacte cette sensation originelle, secret mélange de vertige et de certitude, d’abandon et de retenue.
Ils durent agir vite. Le lendemain, l’habitude les courtisait déjà. Aussi ils décidèrent de quitter leur chambre à l’université. La semaine suivante ce fut la ville, puis le comté. Ils traversèrent comme ça beaucoup d’états jusqu'à ce que finalement, après des mois et des mois de quête sur le continent américain, ils trouvent miraculeusement ce qu’ils cherchaient un dimanche au bord du grand canyon.
Voilà maintenant deux ans que Martha et Graham pratiquaient du haut d'un pont de fer le saut à l’élastique. Ni l’un ni l’autre ne considéraient la chose comme un exploit, un sport de l’extrême, un moyen de plus de se dépasser. Ca n’était pas non plus pour eux l’acte égoïste du solitaire ou du blasé, mais une véritable communion de cœur et de pensée … Une corde autour de la taille, ils basculaient tête la première dans l’inconnu pour y renouveler leur amour, le purifier de vingt quatre heures d’accoutumance. Tout le temps que durait la chute, mari et femme ne se quittaient pas des yeux. D’un poids équivalent ils tombaient cote à cote, tant et si bien qu’à la fin du parcours chacun était persuadé que ça n’était pas un morceau de caoutchouc mais bien le sentiment de l’autre qui l’avait retenu.
Ils habitaient dans la roche une jolie petite maison sur pilotis. L’après-midi Graham travaillait à son roman. Il avait décidé de devenir écrivain à sa sortie de l’université. Ses professeurs l’y avaient poussé, sa mère également. Le chèque conséquent qu’elle lui envoyait tous les mois le prouvait. Elle croyait beaucoup en son fils. Graham avait certainement du talent. Pourtant, depuis qu’il connaissait Martha il n’avait pas réussi à noircir une seule page.
Martha quand à elle ne faisait rien sinon s’occuper de son intérieur. Elle avait vu pour cela beaucoup de spécialistes et passait le plus clair de son temps à surveiller son ovulation. Elle espérait beaucoup un fils. Martha ferait sûrement une bonne mère. Seulement voilà, depuis qu’elle fréquentait Graham elle n'avait pas pu prendre un seul kilo.
Le soir venu, mari et femme dînaient de surgelés sur la terrasse en regardant l'or du couchant s’enfuir derrière les montagnes. Le romantisme était toujours au rendez vous. Jamais ils ne terminaient leurs assiettes mais finissaient par terre, sous la table, à faire l’amour comme au premier jour.
Et la vie passa.
Les trente années qui suivirent ils retournèrent à chaque aurore sur le pont de fer.
Aujourd’hui, une foule immense les y attendait. La télévision était là également. Le ressort du couple quinquagénaire avait acquis le statut de légende. Le saut de ce matin allait être retransmis dans tout le pays.
Pour Martha et Graham ça ne changeait pas grand chose. Ils firent exactement comme hier et avant hier. Graham noua consciencieusement la corde autour de la taille de sa femme et Martha agit de même pour lui. Ils ne voulurent pas qu’on les aide à enjamber la balustrade.
Ils s’élancèrent dans le vide.
A cet instant, sur la passerelle ou devant leur téléviseur, des millions d’américains furent tentés de retenir leur souffle, d'empoigner la rampe métallique ou le bras velouté de leur canapé. Pourtant il n’en fut rien. Pas un coeur ne se serra. Pas un cil ne cilla. Chacun les avait vus s’attacher. Il ne pouvait rien leur arriver.

samedi 2 février 2008

DES FINITIONS

Reggae musulman ALASKA

Demeure du fion ANALOGIE

Gazelle homophobe ANTILOPE

N’est plus au pouvoir ARAIGNEE

Maison de falzars américains AUBERGINE

Freud de la bagnole AUTOPSIE

Femme de rongeur AMSTERDAM

Musicien diplômé BACH

Chercher les coups BAFOUILLER

Se raser BARBOTER

Musique d’instituteur BLUES

Attacher du fromage BRICOLER

Poisson qui se planque pour téléphoner CACHALOT

Particule en manque CAMION

Planquer des gants CAMOUFLER

Bâton qui pue CANAPE

Souder des bus CARACOLER

Petit cleps de vampire CARPACCIO

Tout faire flamber sur son passage CHEMINER

Mec bien habillé CHIC TYPE

Faire caca sur un copain CHIPOTER

Lignée d'abrutis CONDESCENDANCE

Couple homo DEGAS

Montrer sa chatte DEMOULER

Note qui tue DOMICILE

Double érection DE GAULLE

Mate, c’est pas un vrai matou ! ECHAFAUD

Enfant de Mitchell EDIFICE

J’adore tintin EMERGER

Enfouir un pâté ENTERINER

Gagner son divorce EXPIER

Incendie le plus ultra FENNEC

Voler du CO2 GASPILLER

Rendre des fleurs GERBER

Los Angeles HELER

Cheveu très long INFINITIF

Glandeuse de Bombay INDOLENTE

Réfléchir dans les courants d’air INVENTER

Broyer du rasta JACASSER

Venir au monde JEUNER

Pâtisseries LEGATO

Maladie du soldat romain LEGIONELLOSE

Faire sa toilette à un lapin LESSIVER

Ville bouchon LIEGE

Ouvrier nonchalant LIMACON

Marque de vieillesse d’animal sauvage LOU REED

Grand mère en acier MAMMIFERE

Très vieille ville MILAN

Découpage de soprano OPERATION

S’en méfier PACIFIER

Pléonasme PENTECÔTE

Piercing à la mamelle PIANO

Volaille dégommée POULE

Né agriculteur PREDESTINE

Sandwich grec violent PYTHAGORE

Piaf enroué ROUGE - GORGE

Voir tout en noir SOMBRER

Annoncer l’heure du repas SOUPCONNER

Transpirer de la mousseline SUPPURER

Lèche tenaille SUSPENSE

Pif de Rodrigue SYDNEY

Résume-la SYNTHETISEUR

Bruit d’un réveil qui a un plan TAC TIC ...

Réglisse à consommer le soir TARZAN

Proxènéte de l’écran TELEMMAQUE

Boisson bourrative chinoise THEORIE

Prématurément taré TOFOU

Femme de ménage de petite taille TROMBONE

Empilage de fils de vaches VAUTOUR

Chance d’asticot VERVEINE

Existence éthérée VIDANGE

Couper le courant VIREVOLTER

Coton anglais WHAT

PAROLES SANS ROMANCES (Extraits 1995 - 2005)

JULIETTE et ROMEO

Elle me dit : « Quel est ce goût étrange, dis ? »
Et moi je répondis :
« Ca n’est rien, rien que ton jus d’orange » puis …
Puis j’ajoutais ceci :

Qui sait quelle aurait été leur vie si
Juliette et Roméo avaient vieilli

En amour, tu sais bien que tout change qu’il
En va toujours ainsi
Aujourd’hui tu ressembles à un ange, mais
Demain qu’en sera-t-il ?

Qui sait quelle aurait été sa vie si
La belle Juliette avait vieilli

Elle me dit : « Quel est ce goût étrange, dis ? »
Et moi je répondis :
« C’est le goût du cyanure dans l’orange » puis …
Puis j’ajoutais ceci :

Qui sait quelle aurait été ma vie si
Si toi, ma Juliette, tu avais vieilli.

TAPINER

Troque latex contre silex
Diamants, saphirs contre zéphir
Plaque Mégane et Marylin
L’argenterie pour l’argentine
L’horizon pour le vertical
Le mental pour le sentimental
Le tangage pour le sillage

J’aurais bien patiné si je n’avais pas tapiné
Glissé comme on penche sur la place blanche

Pourquoi faut-il que je fonde
Devant les deux quarts du monde
Sus ... pende mon vol plané
Pour quelques figures imposées
Qu’à chaque baiser je m’accroche
Tel mon talon à la chaussée

J’aurais bien patiné si je n’avais pas tapiné
Glissé comme on penche sur la place blanche

Comme l’hiver dernier, qu’il ne pleuvait pas qu’il neigeait
Sur la luxuriance de la place blanche

DOLORES BOLERO

N’est ce Dolorès qu’une illusion
Ta voix dans le désert
Ce Boléro qui décape, moi qui trempe là nickel
Dans les eaux de Ravel

T’ai je Dolorès dit la raison,
Combien ce mal m’est bon

Ma douleur, mon amour, est douceur, et à ce jour
Je n’ai rien de meilleur

Si tu pars je guérirai
Alors reste ... dolor reste

Je t’aime Dolorès comme Cortés
Aimait l’idée d’un or
S’écoulant en flots brûlants des cuisses d’une métisse
Conquise mais pas d’accord

Ma douleur, mon amour, est douceur, et à ce jour
Je n’ai rien de meilleur

Si tu pars je guérirai
Alors reste ... dolor reste

ODIEUX

Minuit dans la métropole,
Je pousse de la main sous les roues du train
-train un jeune chrétien voué au music hall

Redonne vie à John Lennon sur papier carbone
Au mixage console l'apprenti rossignol, l’apprenti rossignol

Ô Dieu laisse-moi rester odieux, rester dans le vague et le tiéde
Ô Dieu laisse-moi rester odieux, n’y entendre que du feu

Midi dans le mégastore, le silence est mort
Mon cœur est si gros qu’il aimante l’eau,
Qu’il aimante religieuses, qu’il aimante paquebots

Ô Dieu laisse-moi rester odieux, rester dans le vague et le tiéde
Ô Dieu laisse-moi rester odieux, n’y entendre que du feu

JE T’AI

Je t’ai clouée sur la langue, rivée à une love song
A ma cote de maille, autour de la table ronde

Dans mes filets, dans l’humus et les strato-cumulus
A l’approche des falaises, au bec d’une mouette anglaise

Je t’ai sur la jetée, sur le bord des lèvres amarrée,
Au bout d’un bras de mer
Je t’ai sur la jetée, sur le bord des lèvres amarrée,
En bout de mer, au bras jetée

Dans l’accent continental qui n’a pas su me quitter
En otage aux cordages, sous la dictée je t’ai

En cale d’un ferry en grève, sur la plage aux oubliettes
Dans l’onde des sirènes, le choc Waterloo Sunset

Je t’ai sur la jetée, sur le bord des lèvres amarrée
Au bout d’un bras de mer
Je t’ai sur la jetée, sur le bord des lèvres arrimée
En bout de mer, au bras jetée


WELL (Musique Franck Garcia)
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=121296321

Dans sa nef, ses astronefs,
J’avais élu domicile
Extra lucide ou presque,
Désincarné, volatile
Echappé au commandeur, aux lois de l’apesanteur,
Aux radars, au désastre de la conquête des astres

A quoi bon traîner là ? Où est la hauteur ici bas ?
En capsule, en nacelle ?
A quoi bon traîner là ? Où est la hauteur ici bas ?
En elle, en bouton de rose … well

David le savait, Vincent s’en doutait
Elles sont parmi nous les anges de félicité
Peggy sue, Hélène, Scarlett etc …
Du nord au sud de l’état et du Léthé

A quoi bon traîner là ? Où est la hauteur ici bas ?
En elle, en bouton de rose … well

ZOE

J’avais tout quitté pour partir sur cette île : Belleville,
La Seine, les quais et ma si terre à terre famille
Une semaine avec Zoé, coucher dedans elle et dehors ;
Les palmiers, le trésor ...

J’étais loin d’imaginer, bien loin d’imaginer
Que le Paradis n’était pas ici vraiment
En tout cas pas tout de suite, non, pas maintenant

Mais qui aurait cru, Zoé, qu’une fois les galères passées,
J’aurais droit à ton lit un seul jour : le vendredi
Un seul jour, vendredi

Seul dans ce hamac, abandonné là dans le noir,
Je rêve à demain, on est déjà jeudi soir
Rien à faire cette nuit, plus rien à faire qu’y penser
Se dire que l’espoir fait vivre les naufragés,
Vivre les naufragés

Mais qui aurait cru, Zoé, qu’une fois les galères passées,
J’aurais droit à ton lit un seul jour : le Vendredi
Un seul jour, vendredi

WALT (Cartoon song)

Ma main tremble, je me ronge,
J’hésite à t’effacer
Je crayonne, tu rayonnes
Après deux ou trois traits

Ô ingrate, petite rate,
Tu souris, je le sais
Tu te moques en bloc de
Ma créativité

Tes seins animés par ma seule pensée, Mimi,
Je t’avais connue puis croquée bien avant Mickey

A quoi bon maître Walt ?
Me dis-tu toute nue
Je vais bien, je vis bien
Sans toi j’ai le dessein
De me coucher toute seule
Ou avec qui tu sais
Sur le papier troublant
Et de continuer

Tes seins animés par ma seule pensée, Mimi,
Je t’avais connue puis croquée bien avant Mickey

Ma main tremble, tu me ronges
J’hésite à t’effacer
Je griffonne, tu rayonnes
Après deux ou trois traits.

DES DORADES

Des dorades
Détruites,
Tuées sur le coup
De minuit.
Elles rêvaient d’alpages,
D’une mer de nuages.

JUILLET

Le carnaval s’est consumé
Il pleut du sel sur les canotiers
Venise verse, se remémore celle …

Celle que prît le ciel à l’approche de juillet

Il est en mer comme sur terre
Des virtuoses de la porte close
Des murs de vagues où se cachent celles

Celles qui prennent le voile et pas les gondoliers
Celle que prît le ciel à l’approche de juillet

Celle qui mit les voiles, oublia de m’aimer
Celle que prît le ciel à l’approche de juillet

LA POSTIERE

Les pensées j’les interceptais quand j’travaillais aux PTT
J’mettais les doigts dans vot’courrier sans laisser de traces sur l’papier

Fallait une certaine adresse pour pas que vous le remarquiez
D’la salive comme d’la colle épaisse pour recacheter vos secrets

Je passais des heures dans vos lettres ; je parcourais toutes vos vies
Parfois même j’en gardais une pour la recopier dans mon lit

J’ai dû quitter la poste hier ; tous vos mots m’avaient retournée
Depuis dix ans qu’j’étais postière j’avais fini un peu timbrée

Moi qui n’étais qu’une paysanne, une fille de la banlieue verte
Je m’suis retrouvée courtisane d’un ministre, d’un armateur grec
On prend les choses à la lettre quand c’est joliment formulé
Très vite on croit que cet amour c’est à vous qu’on le destinait

J’ai dû quitter la poste hier : tous vos mots m’avaient retournée
Depuis dix ans qu’j’étais postière j’avais fini un peu timbrée

Maintenant je vis d’expédients, je confisque des feuilles au vent
Des feuilles jaunes et sèches et dures, et toutes parcourues de nervures

Un jour j’écrirai mes mémoires, j’en ai des pages à raconter
Je dirai tout sur une histoire qui ne m’est jamais arrivée

J’ai dû quitter la poste hier ; tous vos mots m’avaient retournée
Depuis dix ans qu’j’étais postière j’avais fini un peu timbrée

OH NINA

Oh Nina,
Hagendas en cornet,
Crème des nouveaux nés,
Névé je me fonds … dans ton prénom

Come Nina,
Prends-moi sur tes épaules,
Faisons ce tour de rôle
Idole élève-moi … révèle-moi

Je serai ce que tu en feras
Nina choisis pour moi
Décide pour le plus vieux
Malmène-moi si tu veux … si tu veux

Oh Nina
Pardonne-moi d’avance
Mon goût d’omniprésence
Nina échappe-moi … échappe-toi

Je serai ce que tu en feras
Nina choisis pour moi
Décide pour le plus vieux
Tue-moi même si tu peux … si tu peux

FLANER

Dans l’dictionnaire, au verbe flâner,
Il est écrit : se promener
Sans but, au hasard, paresser
Ou avancer sans se presser

Mais on oublie : prendre son temps, ne plus passer en coup de vent
Chasser du pied galets et pierres sans intention de faire carrière

Dans le Larousse, le mot lenteur
Se traduit : manque d’activité,
Aussi bien dans les mouvements
Que dans le pur raisonnement

Mais on oublie : tout doucement enlacer le corps d’une brune
Sans précipitation aucune la conduire de terre à lune

Page cinquante, à Devenir,
C’est passer à un autre état,
Se sentir enfin estimable,
Avoir tel sort, tel résultat

Mais on oublie : n’être plus rien, ne plus souhaiter ce qui advient
Ne s’imaginer que perdu dans un futur où tu n’es plus

Dans l’dictionnaire, au verbe flâner
Il est écrit : se promener
Sans but, au hasard, paresser
Ou avancer sans se presser

DENTISTE

Chez mon dentiste
J’existe
Je ne veux plus me taire
La dent, Eve, à extraire

Toute dernière,
Si fière
Dans le fond … de ma bouche,
Ses racines dans mon cœur

Tu prends des risques,
Dentiste,
Le brouillard se dissipe
Et ton anesthésique

Plutôt m’éveille,
Groseilles,
Noisettes et nuisettes
Me reviennent en tête

Tout ce qui me reste de sagesse se trouve là ...

Sans ma quenotte,
Menottes
J’irai aux poings demain,
La mort d’un chirurgien,

Voleur d’ivoire
Notoire,
Fera les quotidiens
Mais sur la mienne ... rien

ENTRE ANNE-MARIE ET MARIANNE (Musique Henri Alberti)

Ce soir je pars en morceaux épars, je tranche et je fais mes adieux
Je me coupe d’un monde à part, d’un monde heureux
Finis les nocturnes chez la brune, les réveils dans les cheveux
Blonds, les passages de l’une à l’autre … en rebonds

Adieu mesdames je renonce à vos charmes, je ne vous demande pas
De verser la plus petite des larmes sur mon trépas

Entr’Anne-marie et Marianne, je n’pouvais être qu’un Demi Dieu,
Une Tierce personne indigne du Quart de leur amour sublime

Non jamais je n’ai dit à l’une ce que je murmurais à l’autre
L’une ne sut jamais que l’autre était des vôtres
Mes gestes étaient souvent contraires, j’avais des mouvements d’humeur
Différents pour chacune d’elles, parallèles

Adieu Marianne je renonce à tes charmes, Marie je ne verrai
Plus de grâce à la tienne semblable, même au ciel nu

Entr’Anne-marie et Marianne, je n’pouvais être qu’un Demi Dieu
Une Tierce personne indigne du Quart de leur amour sublime

BLOUSE (Blues)

Je me tais, l’oreiller ne recueille plus mes confidences
Bouche scellée je te guette
En été le sol est chaud sous tes pieds nus,
Tu ressens l’appétit du squelette

Et sur moi il y a toi
Sous le ciel il y a toi
Qui se couche en blouse sur mes coccinelles,
Mes os lourds, restes d’ailes

Petit lait c’est ce que je bois
A mon âge ça ne se fait pas.
Bien trop beau, bien trop blanc
Et troublant,
Et qui caille, qui jette comme un froid
Qui vous dit :
C’est fini ... et pourtant

Il faut voir le désir en herbe
La pelouse devenir carnivore de ta blouse

Il faut voir le désir en herbe
La pelouse devenir carnivore de ta blouse

COLOMB

Notre amour en sa majesté
N’est plus que cire,
Bord de chandelier
Accorde donc que je m’éloigne

Comme le fit Colomb de la reine d’Espagne

La flamme ne brûle souveraine
Que quelque temps,
Puis elle se prosterne
Accepte donc que je m’éloigne

Comme le fit Colomb d’une terre de bagne

Notre amour en sa majesté
N’est plus que cire,
Pleur de chandelier
Accorde donc que je m’éloigne

Comme le fit Colomb de sa reine d’Espagne

TOM

C’était encré dans le ciel, couché dans l’ozone
S’affairait une étoile à veiller sur Tom
Une comète à vous guérir des fièvres jaunes,
A vous préserver des rafales de Capone
Dans un studio d’Universal, au télescope,
Fut signé le contrat galactique anti flop,
L’assurance miracle, le mercurochrome,
Le remède céleste, l’antidote aux cyclones

Par dessus Tom une étoile brillait
De plus en plus fort, chaque jour plus prés ... Yeah

Tout ce que touchait Tom se changeait en pépite
Tout ce que voulait Tom lui arrivait de suite
Même l’amour, un beau soir Vénus en personne
Lui fit voir plus que n’en vit jamais l’astronome

Par dessus Tom une étoile brillait
De plus en plus fort, chaque jour plus prés ... Yeah

Le contrat expira aux premières feuilles d’automne
Un ciel aphone s’abattît sur le petit Tom
Sa bonne étoile, celle qu’on disait magique,
N’était qu’une cousine éloignée … Météorite

Par dessus Tom une étoile brillait
De plus en plus fort, chaque jour plus prés ... Yeah

PETITE A PETITE

Au marché en chinant, j’ai eu un aperçu
Petit morceau de soie, déjà morceau de choix

Plus tard traînant les fesses aux arènes de Lutèce
J’entrevis un régal de colonne vertébrale

En voyage pour affaires, une nuit j’eus affaire
A cette secrétaire aux yeux de calamar

J’en garde un souvenir ému et viscéral
Que je fais revenir dans ma poêle Téfal

Et le temps a passé et puis un jour au Louvre
Sous une jupe emballée : un triangle inversé

Bientôt, disons dans une ... demi douzaine d’années
Là je t’aurai entière-ment reconstituée

Je ne suis pas pressé, je choisis bien, j’hésite
Ces choses là se font ... petite à petite.