samedi 2 février 2008

PAROLES SANS ROMANCES (Extraits 1995 - 2005)

JULIETTE et ROMEO

Elle me dit : « Quel est ce goût étrange, dis ? »
Et moi je répondis :
« Ca n’est rien, rien que ton jus d’orange » puis …
Puis j’ajoutais ceci :

Qui sait quelle aurait été leur vie si
Juliette et Roméo avaient vieilli

En amour, tu sais bien que tout change qu’il
En va toujours ainsi
Aujourd’hui tu ressembles à un ange, mais
Demain qu’en sera-t-il ?

Qui sait quelle aurait été sa vie si
La belle Juliette avait vieilli

Elle me dit : « Quel est ce goût étrange, dis ? »
Et moi je répondis :
« C’est le goût du cyanure dans l’orange » puis …
Puis j’ajoutais ceci :

Qui sait quelle aurait été ma vie si
Si toi, ma Juliette, tu avais vieilli.

TAPINER

Troque latex contre silex
Diamants, saphirs contre zéphir
Plaque Mégane et Marylin
L’argenterie pour l’argentine
L’horizon pour le vertical
Le mental pour le sentimental
Le tangage pour le sillage

J’aurais bien patiné si je n’avais pas tapiné
Glissé comme on penche sur la place blanche

Pourquoi faut-il que je fonde
Devant les deux quarts du monde
Sus ... pende mon vol plané
Pour quelques figures imposées
Qu’à chaque baiser je m’accroche
Tel mon talon à la chaussée

J’aurais bien patiné si je n’avais pas tapiné
Glissé comme on penche sur la place blanche

Comme l’hiver dernier, qu’il ne pleuvait pas qu’il neigeait
Sur la luxuriance de la place blanche

DOLORES BOLERO

N’est ce Dolorès qu’une illusion
Ta voix dans le désert
Ce Boléro qui décape, moi qui trempe là nickel
Dans les eaux de Ravel

T’ai je Dolorès dit la raison,
Combien ce mal m’est bon

Ma douleur, mon amour, est douceur, et à ce jour
Je n’ai rien de meilleur

Si tu pars je guérirai
Alors reste ... dolor reste

Je t’aime Dolorès comme Cortés
Aimait l’idée d’un or
S’écoulant en flots brûlants des cuisses d’une métisse
Conquise mais pas d’accord

Ma douleur, mon amour, est douceur, et à ce jour
Je n’ai rien de meilleur

Si tu pars je guérirai
Alors reste ... dolor reste

ODIEUX

Minuit dans la métropole,
Je pousse de la main sous les roues du train
-train un jeune chrétien voué au music hall

Redonne vie à John Lennon sur papier carbone
Au mixage console l'apprenti rossignol, l’apprenti rossignol

Ô Dieu laisse-moi rester odieux, rester dans le vague et le tiéde
Ô Dieu laisse-moi rester odieux, n’y entendre que du feu

Midi dans le mégastore, le silence est mort
Mon cœur est si gros qu’il aimante l’eau,
Qu’il aimante religieuses, qu’il aimante paquebots

Ô Dieu laisse-moi rester odieux, rester dans le vague et le tiéde
Ô Dieu laisse-moi rester odieux, n’y entendre que du feu

JE T’AI

Je t’ai clouée sur la langue, rivée à une love song
A ma cote de maille, autour de la table ronde

Dans mes filets, dans l’humus et les strato-cumulus
A l’approche des falaises, au bec d’une mouette anglaise

Je t’ai sur la jetée, sur le bord des lèvres amarrée,
Au bout d’un bras de mer
Je t’ai sur la jetée, sur le bord des lèvres amarrée,
En bout de mer, au bras jetée

Dans l’accent continental qui n’a pas su me quitter
En otage aux cordages, sous la dictée je t’ai

En cale d’un ferry en grève, sur la plage aux oubliettes
Dans l’onde des sirènes, le choc Waterloo Sunset

Je t’ai sur la jetée, sur le bord des lèvres amarrée
Au bout d’un bras de mer
Je t’ai sur la jetée, sur le bord des lèvres arrimée
En bout de mer, au bras jetée


WELL (Musique Franck Garcia)
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=121296321

Dans sa nef, ses astronefs,
J’avais élu domicile
Extra lucide ou presque,
Désincarné, volatile
Echappé au commandeur, aux lois de l’apesanteur,
Aux radars, au désastre de la conquête des astres

A quoi bon traîner là ? Où est la hauteur ici bas ?
En capsule, en nacelle ?
A quoi bon traîner là ? Où est la hauteur ici bas ?
En elle, en bouton de rose … well

David le savait, Vincent s’en doutait
Elles sont parmi nous les anges de félicité
Peggy sue, Hélène, Scarlett etc …
Du nord au sud de l’état et du Léthé

A quoi bon traîner là ? Où est la hauteur ici bas ?
En elle, en bouton de rose … well

ZOE

J’avais tout quitté pour partir sur cette île : Belleville,
La Seine, les quais et ma si terre à terre famille
Une semaine avec Zoé, coucher dedans elle et dehors ;
Les palmiers, le trésor ...

J’étais loin d’imaginer, bien loin d’imaginer
Que le Paradis n’était pas ici vraiment
En tout cas pas tout de suite, non, pas maintenant

Mais qui aurait cru, Zoé, qu’une fois les galères passées,
J’aurais droit à ton lit un seul jour : le vendredi
Un seul jour, vendredi

Seul dans ce hamac, abandonné là dans le noir,
Je rêve à demain, on est déjà jeudi soir
Rien à faire cette nuit, plus rien à faire qu’y penser
Se dire que l’espoir fait vivre les naufragés,
Vivre les naufragés

Mais qui aurait cru, Zoé, qu’une fois les galères passées,
J’aurais droit à ton lit un seul jour : le Vendredi
Un seul jour, vendredi

WALT (Cartoon song)

Ma main tremble, je me ronge,
J’hésite à t’effacer
Je crayonne, tu rayonnes
Après deux ou trois traits

Ô ingrate, petite rate,
Tu souris, je le sais
Tu te moques en bloc de
Ma créativité

Tes seins animés par ma seule pensée, Mimi,
Je t’avais connue puis croquée bien avant Mickey

A quoi bon maître Walt ?
Me dis-tu toute nue
Je vais bien, je vis bien
Sans toi j’ai le dessein
De me coucher toute seule
Ou avec qui tu sais
Sur le papier troublant
Et de continuer

Tes seins animés par ma seule pensée, Mimi,
Je t’avais connue puis croquée bien avant Mickey

Ma main tremble, tu me ronges
J’hésite à t’effacer
Je griffonne, tu rayonnes
Après deux ou trois traits.

DES DORADES

Des dorades
Détruites,
Tuées sur le coup
De minuit.
Elles rêvaient d’alpages,
D’une mer de nuages.

JUILLET

Le carnaval s’est consumé
Il pleut du sel sur les canotiers
Venise verse, se remémore celle …

Celle que prît le ciel à l’approche de juillet

Il est en mer comme sur terre
Des virtuoses de la porte close
Des murs de vagues où se cachent celles

Celles qui prennent le voile et pas les gondoliers
Celle que prît le ciel à l’approche de juillet

Celle qui mit les voiles, oublia de m’aimer
Celle que prît le ciel à l’approche de juillet

LA POSTIERE

Les pensées j’les interceptais quand j’travaillais aux PTT
J’mettais les doigts dans vot’courrier sans laisser de traces sur l’papier

Fallait une certaine adresse pour pas que vous le remarquiez
D’la salive comme d’la colle épaisse pour recacheter vos secrets

Je passais des heures dans vos lettres ; je parcourais toutes vos vies
Parfois même j’en gardais une pour la recopier dans mon lit

J’ai dû quitter la poste hier ; tous vos mots m’avaient retournée
Depuis dix ans qu’j’étais postière j’avais fini un peu timbrée

Moi qui n’étais qu’une paysanne, une fille de la banlieue verte
Je m’suis retrouvée courtisane d’un ministre, d’un armateur grec
On prend les choses à la lettre quand c’est joliment formulé
Très vite on croit que cet amour c’est à vous qu’on le destinait

J’ai dû quitter la poste hier : tous vos mots m’avaient retournée
Depuis dix ans qu’j’étais postière j’avais fini un peu timbrée

Maintenant je vis d’expédients, je confisque des feuilles au vent
Des feuilles jaunes et sèches et dures, et toutes parcourues de nervures

Un jour j’écrirai mes mémoires, j’en ai des pages à raconter
Je dirai tout sur une histoire qui ne m’est jamais arrivée

J’ai dû quitter la poste hier ; tous vos mots m’avaient retournée
Depuis dix ans qu’j’étais postière j’avais fini un peu timbrée

OH NINA

Oh Nina,
Hagendas en cornet,
Crème des nouveaux nés,
Névé je me fonds … dans ton prénom

Come Nina,
Prends-moi sur tes épaules,
Faisons ce tour de rôle
Idole élève-moi … révèle-moi

Je serai ce que tu en feras
Nina choisis pour moi
Décide pour le plus vieux
Malmène-moi si tu veux … si tu veux

Oh Nina
Pardonne-moi d’avance
Mon goût d’omniprésence
Nina échappe-moi … échappe-toi

Je serai ce que tu en feras
Nina choisis pour moi
Décide pour le plus vieux
Tue-moi même si tu peux … si tu peux

FLANER

Dans l’dictionnaire, au verbe flâner,
Il est écrit : se promener
Sans but, au hasard, paresser
Ou avancer sans se presser

Mais on oublie : prendre son temps, ne plus passer en coup de vent
Chasser du pied galets et pierres sans intention de faire carrière

Dans le Larousse, le mot lenteur
Se traduit : manque d’activité,
Aussi bien dans les mouvements
Que dans le pur raisonnement

Mais on oublie : tout doucement enlacer le corps d’une brune
Sans précipitation aucune la conduire de terre à lune

Page cinquante, à Devenir,
C’est passer à un autre état,
Se sentir enfin estimable,
Avoir tel sort, tel résultat

Mais on oublie : n’être plus rien, ne plus souhaiter ce qui advient
Ne s’imaginer que perdu dans un futur où tu n’es plus

Dans l’dictionnaire, au verbe flâner
Il est écrit : se promener
Sans but, au hasard, paresser
Ou avancer sans se presser

DENTISTE

Chez mon dentiste
J’existe
Je ne veux plus me taire
La dent, Eve, à extraire

Toute dernière,
Si fière
Dans le fond … de ma bouche,
Ses racines dans mon cœur

Tu prends des risques,
Dentiste,
Le brouillard se dissipe
Et ton anesthésique

Plutôt m’éveille,
Groseilles,
Noisettes et nuisettes
Me reviennent en tête

Tout ce qui me reste de sagesse se trouve là ...

Sans ma quenotte,
Menottes
J’irai aux poings demain,
La mort d’un chirurgien,

Voleur d’ivoire
Notoire,
Fera les quotidiens
Mais sur la mienne ... rien

ENTRE ANNE-MARIE ET MARIANNE (Musique Henri Alberti)

Ce soir je pars en morceaux épars, je tranche et je fais mes adieux
Je me coupe d’un monde à part, d’un monde heureux
Finis les nocturnes chez la brune, les réveils dans les cheveux
Blonds, les passages de l’une à l’autre … en rebonds

Adieu mesdames je renonce à vos charmes, je ne vous demande pas
De verser la plus petite des larmes sur mon trépas

Entr’Anne-marie et Marianne, je n’pouvais être qu’un Demi Dieu,
Une Tierce personne indigne du Quart de leur amour sublime

Non jamais je n’ai dit à l’une ce que je murmurais à l’autre
L’une ne sut jamais que l’autre était des vôtres
Mes gestes étaient souvent contraires, j’avais des mouvements d’humeur
Différents pour chacune d’elles, parallèles

Adieu Marianne je renonce à tes charmes, Marie je ne verrai
Plus de grâce à la tienne semblable, même au ciel nu

Entr’Anne-marie et Marianne, je n’pouvais être qu’un Demi Dieu
Une Tierce personne indigne du Quart de leur amour sublime

BLOUSE (Blues)

Je me tais, l’oreiller ne recueille plus mes confidences
Bouche scellée je te guette
En été le sol est chaud sous tes pieds nus,
Tu ressens l’appétit du squelette

Et sur moi il y a toi
Sous le ciel il y a toi
Qui se couche en blouse sur mes coccinelles,
Mes os lourds, restes d’ailes

Petit lait c’est ce que je bois
A mon âge ça ne se fait pas.
Bien trop beau, bien trop blanc
Et troublant,
Et qui caille, qui jette comme un froid
Qui vous dit :
C’est fini ... et pourtant

Il faut voir le désir en herbe
La pelouse devenir carnivore de ta blouse

Il faut voir le désir en herbe
La pelouse devenir carnivore de ta blouse

COLOMB

Notre amour en sa majesté
N’est plus que cire,
Bord de chandelier
Accorde donc que je m’éloigne

Comme le fit Colomb de la reine d’Espagne

La flamme ne brûle souveraine
Que quelque temps,
Puis elle se prosterne
Accepte donc que je m’éloigne

Comme le fit Colomb d’une terre de bagne

Notre amour en sa majesté
N’est plus que cire,
Pleur de chandelier
Accorde donc que je m’éloigne

Comme le fit Colomb de sa reine d’Espagne

TOM

C’était encré dans le ciel, couché dans l’ozone
S’affairait une étoile à veiller sur Tom
Une comète à vous guérir des fièvres jaunes,
A vous préserver des rafales de Capone
Dans un studio d’Universal, au télescope,
Fut signé le contrat galactique anti flop,
L’assurance miracle, le mercurochrome,
Le remède céleste, l’antidote aux cyclones

Par dessus Tom une étoile brillait
De plus en plus fort, chaque jour plus prés ... Yeah

Tout ce que touchait Tom se changeait en pépite
Tout ce que voulait Tom lui arrivait de suite
Même l’amour, un beau soir Vénus en personne
Lui fit voir plus que n’en vit jamais l’astronome

Par dessus Tom une étoile brillait
De plus en plus fort, chaque jour plus prés ... Yeah

Le contrat expira aux premières feuilles d’automne
Un ciel aphone s’abattît sur le petit Tom
Sa bonne étoile, celle qu’on disait magique,
N’était qu’une cousine éloignée … Météorite

Par dessus Tom une étoile brillait
De plus en plus fort, chaque jour plus prés ... Yeah

PETITE A PETITE

Au marché en chinant, j’ai eu un aperçu
Petit morceau de soie, déjà morceau de choix

Plus tard traînant les fesses aux arènes de Lutèce
J’entrevis un régal de colonne vertébrale

En voyage pour affaires, une nuit j’eus affaire
A cette secrétaire aux yeux de calamar

J’en garde un souvenir ému et viscéral
Que je fais revenir dans ma poêle Téfal

Et le temps a passé et puis un jour au Louvre
Sous une jupe emballée : un triangle inversé

Bientôt, disons dans une ... demi douzaine d’années
Là je t’aurai entière-ment reconstituée

Je ne suis pas pressé, je choisis bien, j’hésite
Ces choses là se font ... petite à petite.

1 commentaire:

labo#01 a dit…

Baa...
Henri parle de toi et a proposé certaines de tes "des finitions" dans un post publié sur mon blog.
Personnellement je rame mais certains lecteurs de chez moi y arrivent bien!
Bon maintenant que j'ai un peu vu comment tu pratiques, je vais peut-être y arriver!
(je n'arrive pas à entrer mon url dans l'identification, donc: c'est sur http://etapres.hautetfort.com)